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Licence 3 · Analyse fonctionnelle L3 — Espaces de Hilbert

Bases hilbertiennes et lien avec les séries de Fourier

Bases hilbertiennes et lien avec les séries de Fourier

1. Familles orthonormées et inégalité de Bessel

Soit (en)n1(e_n)_{n\geq1} une famille orthonormée dans un espace de Hilbert HH (ei,ej=δij\langle e_i,e_j\rangle=\delta_{ij}). Pour tout xHx\in H, les coefficients de Fourier généralisés sont cn=x,enc_n=\langle x,e_n\rangle.

Inégalité de Bessel : pour tout NN, n=1Ncn2x2\displaystyle\sum_{n=1}^N|c_n|^2\leq\|x\|^2, et en passant à la limite, n=1+cn2x2\displaystyle\sum_{n=1}^{+\infty}|c_n|^2\leq\|x\|^2 (la série converge toujours, quelle que soit la famille orthonormée — c'est une conséquence directe du théorème de Pythagore appliqué à x=pFN(x)+(xpFN(x))x=p_{F_N}(x)+(x-p_{F_N}(x)) avec FN=Vect(e1,,eN)F_N=\text{Vect}(e_1,\dots,e_N)).

2. Base hilbertienne

Une famille orthonormée (en)n1(e_n)_{n\geq1} est une base hilbertienne (ou base orthonormée complète) de HH si, de plus, Vect(en:n1)\text{Vect}(e_n:n\geq1) est dense dans HH. Dans ce cas, l'inégalité de Bessel devient une égalité — l'égalité de Parseval :

x2=n=1+cn2etx=n=1+cnen (convergence dans H)\|x\|^2 = \sum_{n=1}^{+\infty}|c_n|^2 \qquad \text{et} \qquad x = \sum_{n=1}^{+\infty}c_n\,e_n \ \text{(convergence dans }H\text{)}

3. Lien direct avec les séries de Fourier

Sur H=L2([π,π])H=L^2([-\pi,\pi]) (fonctions de carré intégrable, muni de f,g=12πππfg\langle f,g\rangle=\dfrac{1}{2\pi}\displaystyle\int_{-\pi}^{\pi}fg), la famille (en(x)=einx)nZ\Big(e_n(x)=e^{inx}\Big)_{n\in\mathbb{Z}} est orthonormée (vérifié : en,em=12πππei(nm)xdx=δnm\langle e_n,e_m\rangle=\dfrac{1}{2\pi}\displaystyle\int_{-\pi}^{\pi}e^{i(n-m)x}dx=\delta_{nm}) et constitue en fait une base hilbertienne de L2([π,π])L^2([-\pi,\pi]) — c'est un théorème profond (densité des polynômes trigonométriques dans L2L^2, via Stone-Weierstrass puis un argument de densité).

Les coefficients de Fourier cn=f,enc_n=\langle f,e_n\rangle déjà étudiés (leçon « Séries de Fourier ») sont donc exactement les coordonnées de ff dans cette base hilbertienne, et l'égalité de Parseval 12πππf2=ncn2\dfrac{1}{2\pi}\displaystyle\int_{-\pi}^\pi|f|^2=\displaystyle\sum_n|c_n|^2 (déjà rencontrée pour le problème de Bâle) est exactement l'égalité de Parseval générale de ce paragraphe, appliquée à ce cas particulier.

Reformulation conceptuelle : la décomposition d'une fonction périodique en série de Fourier n'est rien d'autre que l'expression de cette fonction dans une base orthonormée bien choisie de l'espace de Hilbert L2L^2 — exactement comme décomposer un vecteur de Rn\mathbb{R}^n dans la base canonique.

4. Exemple résolu — meilleure approximation trigonométrique

Conséquence pratique de la projection orthogonale (leçon précédente) : la somme partielle de Fourier SNf=nNcneinxS_N f=\displaystyle\sum_{|n|\leq N}c_ne^{inx} est exactement la projection orthogonale de ff sur FN=Vect(eN,,eN)F_N=\text{Vect}(e_{-N},\dots,e_N), donc SNfS_Nf est le meilleur polynôme trigonométrique de degré N\leq N approximant ff au sens de la norme L2L^2 — meilleur que n'importe quel autre choix de coefficients, pas seulement meilleur en moyenne. C'est un résultat beaucoup plus fort que la simple convergence ponctuelle (Dirichlet) déjà vue.

5. Séparabilité

Un espace de Hilbert admettant une base hilbertienne dénombrable est dit séparable. L2([π,π])L^2([-\pi,\pi]), 2\ell^2, Rn\mathbb{R}^n sont tous séparables. (Il existe des espaces de Hilbert non séparables, mais ils sont rares en pratique et hors-programme ici.)

6. Récapitulatif


NotionDéfinition / propriété
|---|---|




Coefficients de Fourier généraliséscn=x,enc_n=\langle x,e_n\rangle pour (en)(e_n) orthonormée
Inégalité de Besselncn2x2\sum_n|c_n|^2\leq\|x\|^2 (toujours)
Base hilbertiennefamille orthonormée totale (Vect dense)
Égalité de Parsevalx2=ncn2\|x\|^2=\sum_n|c_n|^2 et x=ncnenx=\sum_nc_ne_n
Lien Fourier(einx)nZ(e^{inx})_{n\in\mathbb{Z}} est une base hilbertienne de L2([π,π])L^2([-\pi,\pi])

Exercices de la leçon

Exercice 1

Que dit l'inégalité de Bessel pour une famille orthonormée (en)(e_n) et xHx\in H ?

Corrigé

L'inégalité de Bessel est une majoration valable pour toute famille orthonormée (pas seulement une base hilbertienne) — c'est seulement pour une base hilbertienne complète que l'égalité de Parseval est garantie.

Exercice 2

Vrai ou faux : une base hilbertienne est une famille orthonormée dont l'espace engendré est dense dans HH.

Corrigé

Vrai. C'est exactement la condition supplémentaire (« totalité » ou densité du Vect) qui distingue une base hilbertienne d'une simple famille orthonormée — sans cette condition, l'égalité de Parseval n'est pas garantie.

Exercice 3

Quelle famille de fonctions forme une base hilbertienne de L2([π,π])L^2([-\pi,\pi]) ?

Corrigé

La famille exponentielle complexe (einx)nZ(e^{inx})_{n\in\mathbb{Z}} est précisément la base hilbertienne associée aux séries de Fourier — c'est le résultat qui justifie rigoureusement la décomposition en série de Fourier comme un cas particulier de décomposition dans une base orthonormée.

Exercice 4

Vrai ou faux : l'égalité de Parseval transforme l'inégalité de Bessel en égalité, lorsque la famille orthonormée est une base hilbertienne.

Corrigé

Vrai. C'est exactement la différence entre une simple famille orthonormée (Bessel, inégalité) et une base hilbertienne complète (Parseval, égalité) — la densité du Vect garantit qu'aucune « masse » de xx n'échappe à la décomposition.

Exercice 5

Qu'est-ce qu'un espace de Hilbert séparable ?

Corrigé

Un espace de Hilbert séparable est celui qui possède une base hilbertienne dénombrable — c'est le cas de L2L^2, 2\ell^2, Rn\mathbb{R}^n, qui couvrent l'immense majorité des applications pratiques.

Exercice 6

Pour xHx\in H avec x=5\|x\|=5 et une famille orthonormée (en)(e_n) telle que x,e1=3\langle x,e_1\rangle=3, x,e2=2\langle x,e_2\rangle=2, que peut-on dire de x,e3\langle x,e_3\rangle d'après Bessel ?

Corrigé

Bessel donne 32+22+x,e3252=253^2+2^2+|\langle x,e_3\rangle|^2\leq5^2=25 (en ne considérant que ces trois premiers termes parmi une somme potentiellement plus grande), donc x,e322594=12|\langle x,e_3\rangle|^2\leq25-9-4=12, soit x,e312=23|\langle x,e_3\rangle|\leq\sqrt{12}=2\sqrt3.

Exercice 7

Pourquoi la convergence x=ncnenx=\sum_nc_ne_n dans l'égalité de Parseval est-elle une convergence "dans HH" (au sens de la norme) plutôt qu'une convergence ponctuelle ?

Corrigé

La convergence "dans HH" (norme L2L^2) ne dit rien directement sur la convergence ponctuelle en un point précis — c'est pourquoi le théorème de Dirichlet (convergence ponctuelle des séries de Fourier) est un résultat distinct et plus délicat que l'égalité de Parseval (convergence en norme L2L^2, valable sans hypothèse de régularité supplémentaire comme C1\mathcal{C}^1 par morceaux).

Exercice 8

Vrai ou faux : la somme partielle de Fourier SNfS_Nf est la meilleure approximation de ff par un polynôme trigonométrique de degré N\leq N, au sens de la norme L2L^2.

Corrigé

Vrai. C'est exactement la conséquence du fait que SNfS_Nf est la projection orthogonale de ff sur l'espace des polynômes trigonométriques de degré N\leq N : par le théorème de projection, c'est l'élément de cet espace minimisant la distance L2L^2 à ff.

Exercice 9

Pour fL2([π,π])f\in L^2([-\pi,\pi]) avec coefficients de Fourier complexes cnc_n tels que ncn2=4\sum_n|c_n|^2=4, que vaut 12πππf2dx\dfrac{1}{2\pi}\displaystyle\int_{-\pi}^\pi|f|^2\,dx ?

Corrigé

Par l'égalité de Parseval, f2=12πππf2dx=ncn2=4\|f\|^2=\dfrac{1}{2\pi}\displaystyle\int_{-\pi}^\pi|f|^2dx=\sum_n|c_n|^2=4.

Exercice 10

Démontrer l'inégalité de Bessel n=1Ncn2x2\sum_{n=1}^N|c_n|^2\leq\|x\|^2 en utilisant la décomposition orthogonale de xx sur FN=Vect(e1,,eN)F_N=\text{Vect}(e_1,\dots,e_N).

Corrigé

Décomposition orthogonale. Posons FN=Vect(e1,,eN)F_N=\text{Vect}(e_1,\dots,e_N). Par le théorème de projection, x=pFN(x)+(xpFN(x))x=p_{F_N}(x)+(x-p_{F_N}(x)), avec ces deux termes orthogonaux.

Application de Pythagore (niveau 1).

x2=pFN(x)2+xpFN(x)2pFN(x)2\|x\|^2 = \|p_{F_N}(x)\|^2 + \|x-p_{F_N}(x)\|^2 \geq \|p_{F_N}(x)\|^2

(le second terme étant une norme au carré, donc 0\geq0).

Calcul de pFN(x)2\|p_{F_N}(x)\|^2. Comme (e1,,eN)(e_1,\dots,e_N) est orthonormée, la formule de projection donne pFN(x)=n=1Ncnenp_{F_N}(x)=\displaystyle\sum_{n=1}^Nc_ne_n. Par Pythagore généralisé (les cnenc_ne_n étant deux à deux orthogonaux, car les ene_n le sont) :

pFN(x)2=n=1Ncnen2=n=1Ncn2en2=n=1Ncn2\|p_{F_N}(x)\|^2 = \sum_{n=1}^N\|c_ne_n\|^2 = \sum_{n=1}^N|c_n|^2\|e_n\|^2 = \sum_{n=1}^N|c_n|^2

(car en=1\|e_n\|=1).

Conclusion. En combinant : n=1Ncn2=pFN(x)2x2\displaystyle\sum_{n=1}^N|c_n|^2 = \|p_{F_N}(x)\|^2 \leq \|x\|^2. \square

Exercice 11

Démontrer que, pour une famille orthonormée (en)n1(e_n)_{n\geq1} quelconque (pas nécessairement totale), la série ncnen\sum_nc_ne_n (avec cn=x,enc_n=\langle x,e_n\rangle) converge toujours dans HH (espace de Hilbert), en utilisant le critère de Cauchy et l'inégalité de Bessel.

Corrigé

Étude des sommes partielles. Posons SN=n=1NcnenS_N=\displaystyle\sum_{n=1}^Nc_ne_n. Pour M>NM>N :

SMSN2=n=N+1Mcnen2=n=N+1Mcn2\|S_M-S_N\|^2 = \left\|\sum_{n=N+1}^Mc_ne_n\right\|^2 = \sum_{n=N+1}^M|c_n|^2

(par Pythagore généralisé, les ene_n étant orthonormés).

Utilisation de Bessel. Par l'inégalité de Bessel (exercice précédent), n=1+cn2x2<\displaystyle\sum_{n=1}^{+\infty}|c_n|^2\leq\|x\|^2<\infty : c'est une série numérique convergente (à termes positifs, majorée). Par le critère de Cauchy pour les séries numériques, son reste tend vers 00 :

n=N+1Mcn2N,M+0\sum_{n=N+1}^M|c_n|^2 \xrightarrow[N,M\to+\infty]{} 0

Conséquence : (SN)(S_N) est de Cauchy dans HH. D'après l'égalité ci-dessus, SMSN20\|S_M-S_N\|^2\to0 quand N,M+N,M\to+\infty, donc (SN)N(S_N)_N est une suite de Cauchy dans HH.

Conclusion via la complétude. Comme HH est un espace de Hilbert (donc complet par définition), toute suite de Cauchy y converge. Donc (SN)(S_N) converge dans HH vers une limite, qu'on note naturellement n=1+cnen\displaystyle\sum_{n=1}^{+\infty}c_ne_n. \square Ce résultat utilise de façon essentielle la complétude : dans un espace préhilbertien non complet, cette série pourrait ne pas converger (sa limite « idéale » pourrait sortir de l'espace).

Exercice 12

Démontrer que si (en)(e_n) est une base hilbertienne et x=ncnenx=\sum_nc_ne_n, y=ndneny=\sum_nd_ne_n, alors x,y=ncndn\langle x,y\rangle=\sum_nc_n\overline{d_n} (identité de Parseval généralisée, cas réel : ncndn\sum_nc_nd_n).

Corrigé

Continuité du produit scalaire. Le produit scalaire ,\langle\cdot,\cdot\rangle est continu (conséquence de Cauchy-Schwarz), donc si SN(x)=n=1NcnenxS_N(x)=\displaystyle\sum_{n=1}^Nc_ne_n\to x et SN(y)=n=1NdnenyS_N(y)=\displaystyle\sum_{n=1}^Nd_ne_n\to y dans HH, alors :

x,y=limN+SN(x),SN(y)\langle x,y\rangle = \lim_{N\to+\infty}\langle S_N(x),S_N(y)\rangle

Calcul de SN(x),SN(y)\langle S_N(x),S_N(y)\rangle (cas réel). Par bilinéarité :

SN(x),SN(y)=n=1Ncnen,m=1Ndmem=n=1Nm=1Ncndmen,em\langle S_N(x),S_N(y)\rangle = \left\langle\sum_{n=1}^Nc_ne_n,\sum_{m=1}^Nd_me_m\right\rangle = \sum_{n=1}^N\sum_{m=1}^Nc_nd_m\langle e_n,e_m\rangle

Comme en,em=δnm\langle e_n,e_m\rangle=\delta_{nm} (orthonormalité), seuls les termes n=mn=m survivent dans la double somme :

SN(x),SN(y)=n=1Ncndn\langle S_N(x),S_N(y)\rangle = \sum_{n=1}^Nc_nd_n

Passage à la limite. En faisant N+N\to+\infty :

x,y=limN+n=1Ncndn=n=1+cndn\langle x,y\rangle = \lim_{N\to+\infty}\sum_{n=1}^Nc_nd_n = \sum_{n=1}^{+\infty}c_nd_n \qquad \square

(Le cas x=yx=y redonne exactement l'égalité de Parseval x2=ncn2\|x\|^2=\sum_nc_n^2 du paragraphe 2.)

Exercice 13

Vrai ou faux : si une famille orthonormée (en)n1(e_n)_{n\geq1} vérifie nx,en2=x2\sum_n|\langle x,e_n\rangle|^2=\|x\|^2 pour tout xHx\in H (égalité de Parseval pour tout xx), alors (en)(e_n) est nécessairement une base hilbertienne.

Corrigé

Vrai. C'est une caractérisation équivalente des bases hilbertiennes : une famille orthonormée vérifiant l'égalité de Parseval pour tout xHx\in H est nécessairement totale (sinon il existerait un x0x\neq0 orthogonal à tous les ene_n, pour lequel l'égalité de Parseval donnerait x2=n0=0\|x\|^2=\sum_n0=0, contredisant x0x\neq0).

Exercice 14

Démontrer que si (en)(e_n) est une base hilbertienne et x0x\neq0 est orthogonal à tous les ene_n (c'est-à-dire x,en=0\langle x,e_n\rangle=0 pour tout nn), on obtient une contradiction — confirmant qu'aucun vecteur non nul n'est orthogonal à une base hilbertienne complète.

Corrigé

Hypothèse. Supposons x0x\neq0 et x,en=0\langle x,e_n\rangle=0 pour tout n1n\geq1.

Application de l'égalité de Parseval. Comme (en)(e_n) est une base hilbertienne (donc l'égalité de Parseval s'applique à tout élément de HH, en particulier à xx) :

x2=n=1+x,en2=n=1+02=0\|x\|^2 = \sum_{n=1}^{+\infty}|\langle x,e_n\rangle|^2 = \sum_{n=1}^{+\infty}|0|^2 = 0

Conséquence. x2=0\|x\|^2=0 implique x=0\|x\|=0, et comme la norme issue d'un produit scalaire est définie positive, cela force x=0x=0.

Contradiction. Ceci contredit l'hypothèse x0x\neq0. \square

Conclusion : aucun vecteur non nul de HH ne peut être orthogonal à tous les éléments d'une base hilbertienne — c'est exactement la traduction, en langage de produit scalaire, du fait que le Vect des ene_n est dense dans HH (un vecteur orthogonal à une partie dense de HH est nécessairement nul, par continuité du produit scalaire).

Exercice 15

Soit f(x)=xf(x)=x sur [π,π][-\pi,\pi] (la « dents de scie », déjà étudiée en série de Fourier avec bn=2(1)n+1/nb_n=2(-1)^{n+1}/n, an=0a_n=0). Utiliser l'égalité de Parseval pour retrouver n=1+1n2=π26\displaystyle\sum_{n=1}^{+\infty}\frac1{n^2}=\frac{\pi^2}{6}, en partant de 12πππx2dx=π23\dfrac{1}{2\pi}\displaystyle\int_{-\pi}^\pi x^2\,dx=\dfrac{\pi^2}{3} et de la forme de Parseval en coefficients trigonométriques 12πf2=a024+12(an2+bn2)\dfrac1{2\pi}\displaystyle\int|f|^2=\dfrac{a_0^2}{4}+\dfrac12\sum(a_n^2+b_n^2).

Corrigé

Membre de gauche (donné). 12πππx2dx=π23\dfrac{1}{2\pi}\displaystyle\int_{-\pi}^\pi x^2\,dx = \dfrac{\pi^2}{3} (calcul direct déjà effectué dans le cours de Fourier).

Membre de droite — coefficients de la dents de scie. a0=0a_0=0 et an=0a_n=0 pour tout nn (fonction impaire), et bn=2(1)n+1nb_n=\dfrac{2(-1)^{n+1}}{n}, donc bn2=4n2b_n^2=\dfrac{4}{n^2}.

Application de Parseval (forme trigonométrique) :

12πππx2dx=a024+12n=1+(an2+bn2)=0+12n=1+4n2=2n=1+1n2\frac{1}{2\pi}\int_{-\pi}^\pi x^2\,dx = \frac{a_0^2}{4}+\frac12\sum_{n=1}^{+\infty}(a_n^2+b_n^2) = 0 + \frac12\sum_{n=1}^{+\infty}\frac{4}{n^2} = 2\sum_{n=1}^{+\infty}\frac{1}{n^2}

Égalisation des deux membres.

π23=2n=1+1n2\frac{\pi^2}{3} = 2\sum_{n=1}^{+\infty}\frac{1}{n^2}

Conclusion.

n=1+1n2=π26\sum_{n=1}^{+\infty}\frac{1}{n^2} = \frac{\pi^2}{6} \qquad \square

Ce calcul retrouve, par un chemin légèrement différent (la fonction « dents de scie » plutôt que le « créneau » utilisé dans la leçon « Séries de Fourier »), le célèbre problème de Bâle — confirmant que l'égalité de Parseval, vue ici dans le cadre général des espaces de Hilbert, est exactement le même outil que celui déjà exploité dans l'étude des séries de Fourier.

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