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Licence 3 · Analyse fonctionnelle L3 — Espaces de Hilbert

Projection orthogonale sur un sous-espace fermé

Projection orthogonale sur un sous-espace fermé

1. Théorème de la projection orthogonale

Théorème : soit HH un espace de Hilbert et FHF\subset H un sous-espace vectoriel fermé. Pour tout xHx\in H, il existe un unique point pF(x)Fp_F(x)\in F réalisant la distance minimale :

xpF(x)=infyFxy=d(x,F)\|x-p_F(x)\| = \inf_{y\in F}\|x-y\| = d(x,F)

De plus, pF(x)p_F(x) est caractérisé par la condition d'orthogonalité : xpF(x)Fx-p_F(x)\perp F (c'est-à-dire xpF(x),y=0\langle x-p_F(x),y\rangle=0 pour tout yFy\in F).

L'application pF:HFp_F:H\to F ainsi définie est linéaire, et s'appelle la projection orthogonale sur FF.

2. Décomposition orthogonale

Conséquence directe : pour FF fermé, H=FFH=F\oplus F^\perp (somme directe orthogonale), où F={zH:z,y=0 yF}F^\perp=\{z\in H:\langle z,y\rangle=0\ \forall y\in F\} est l'orthogonal de FF. Tout xHx\in H se décompose de façon unique x=pF(x)+pF(x)x=p_F(x)+p_{F^\perp}(x), avec pF(x)pF(x)p_F(x)\perp p_{F^\perp}(x), et par Pythagore : x2=pF(x)2+pF(x)2\|x\|^2=\|p_F(x)\|^2+\|p_{F^\perp}(x)\|^2.

3. Cas de la dimension finie : formule explicite

Si F=Vect(e1,,ek)F=\text{Vect}(e_1,\dots,e_k) avec (e1,,ek)(e_1,\dots,e_k) base orthonormée de FF (c'est-à-dire ei,ej=δij\langle e_i,e_j\rangle=\delta_{ij}, le symbole de Kronecker), alors :

pF(x)=i=1kx,eieip_F(x) = \sum_{i=1}^k\langle x,e_i\rangle\,e_i

Exemple résolu. Dans R3\mathbb{R}^3, soit F=Vect(e1,e2)F=\text{Vect}(e_1,e_2) avec e1=(1,0,0)e_1=(1,0,0), e2=(0,1,0)e_2=(0,1,0) (base orthonormée du plan xOyxOy). Pour x=(2,3,5)x=(2,3,5) :

pF(x)=x,e1e1+x,e2e2=2e1+3e2=(2,3,0)p_F(x) = \langle x,e_1\rangle e_1+\langle x,e_2\rangle e_2 = 2\,e_1+3\,e_2 = (2,3,0)

(le résultat est géométriquement évident : la projection sur le plan xOyxOy annule la coordonnée zz.)

4. Cas d'une droite (projection sur un vecteur unitaire)

Pour F=Vect(u)F=\text{Vect}(u) avec u=1\|u\|=1 : pF(x)=x,uup_F(x)=\langle x,u\rangle\,u. Plus généralement, pour u0u\neq0 quelconque (pas nécessairement unitaire) : pF(x)=x,uu2up_F(x)=\dfrac{\langle x,u\rangle}{\|u\|^2}\,u.

Exemple : pour u=(4,1,2)u=(4,-1,2) et x=(1,2,3)x=(1,2,3) (mêmes vecteurs qu'à la leçon précédente, où x,u=8\langle x,u\rangle=8 et u2=16+1+4=21\|u\|^2=16+1+4=21) :

pF(x)=821(4,1,2)=(3221,821,1621)p_F(x) = \frac{8}{21}(4,-1,2) = \left(\frac{32}{21},-\frac{8}{21},\frac{16}{21}\right)

5. Procédé d'orthonormalisation de Gram-Schmidt

Pour construire une base orthonormée à partir d'une base (v1,,vk)(v_1,\dots,v_k) quelconque, on procède récursivement : u1=v1/v1u_1=v_1/\|v_1\|, puis pour i2i\geq2 :

wi=vij=1i1vi,ujujui=wiwiw_i = v_i - \sum_{j=1}^{i-1}\langle v_i,u_j\rangle\,u_j \qquad u_i = \frac{w_i}{\|w_i\|}

(on soustrait à viv_i sa projection sur l'espace déjà construit, puis on normalise le résidu, qui est orthogonal à tous les uju_j précédents par construction).

6. Pourquoi la fermeture de FF est essentielle

Si FF n'est pas fermé, le théorème de projection peut échouer : l'infimum infyFxy\inf_{y\in F}\|x-y\| peut ne pas être atteint dans FF (seulement approché par une suite qui converge vers un point hors de FF). C'est l'une des raisons pour lesquelles la complétude de l'espace de Hilbert (qui garantit que les sous-espaces de dimension finie, ou plus généralement fermés, se comportent bien) est cruciale.

7. Récapitulatif


NotionFormule / propriété
|---|---|



Projection orthogonale pF(x)p_F(x)minimise xy\|x-y\| sur yFy\in F, caractérisée par xpF(x)Fx-p_F(x)\perp F
Décomposition orthogonaleH=FFH=F\oplus F^\perp, x2=pF(x)2+pF(x)2\|x\|^2=\|p_F(x)\|^2+\|p_{F^\perp}(x)\|^2
Formule (base orthonormée)pF(x)=ix,eieip_F(x)=\sum_i\langle x,e_i\rangle e_i
Gram-Schmidtconstruit une base orthonormée par soustraction successive des projections

Exercices de la leçon

Exercice 1

Comment est caractérisée la projection orthogonale pF(x)p_F(x) d'un point xx sur un sous-espace fermé FF ?

Corrigé

Le théorème de projection caractérise pF(x)p_F(x) comme l'unique point de FF réalisant la distance minimale à xx, et cette propriété équivaut à l'orthogonalité du vecteur résiduel xpF(x)x-p_F(x) à tout FF.

Exercice 2

Vrai ou faux : si (e1,,ek)(e_1,\dots,e_k) est une base orthonormée de FF, alors pF(x)=ix,eieip_F(x)=\sum_i\langle x,e_i\rangle e_i.

Corrigé

Vrai. C'est la formule explicite de la projection orthogonale en présence d'une base orthonormée — chaque coefficient x,ei\langle x,e_i\rangle s'appelle la coordonnée de Fourier de xx selon eie_i.

Exercice 3

Que signifie H=FFH=F\oplus F^\perp ?

Corrigé

C'est la décomposition orthogonale fondamentale : tout élément de l'espace de Hilbert s'écrit de manière unique comme somme de sa projection sur FF et de sa projection sur l'orthogonal FF^\perp.

Exercice 4

Vrai ou faux : le procédé de Gram-Schmidt permet de construire une base orthonormée à partir d'une base quelconque.

Corrigé

Vrai. C'est exactement le rôle du procédé de Gram-Schmidt : à chaque étape, on soustrait la projection sur l'espace déjà construit, puis on normalise, garantissant l'orthonormalité de la base finale.

Exercice 5

Dans R3\mathbb{R}^3, pour F=Vect(e1,e2)F=\text{Vect}(e_1,e_2) (plan xOyxOy) et x=(2,3,5)x=(2,3,5), que vaut pF(x)p_F(x) ?

Corrigé

La projection orthogonale sur le plan xOyxOy conserve les coordonnées x,yx,y et annule la coordonnée zz : pF(2,3,5)=(2,3,0)p_F(2,3,5)=(2,3,0).

Exercice 6

Pour F=Vect(u)F=\text{Vect}(u) avec u=(1,1,0)u=(1,1,0) (non unitaire) et x=(3,1,2)x=(3,1,2), calculer pF(x)p_F(x).

Corrigé

x,u=3+1+0=4\langle x,u\rangle=3+1+0=4, u2=1+1=2\|u\|^2=1+1=2. pF(x)=42(1,1,0)=(2,2,0)p_F(x)=\dfrac{4}{2}(1,1,0)=(2,2,0).

Exercice 7

Soit x=(1,2,2)x=(1,2,2) et F=Vect(e1)F=\text{Vect}(e_1) avec e1=(0,0,1)e_1=(0,0,1) (unitaire). Calculer la distance d(x,F)=xpF(x)d(x,F)=\|x-p_F(x)\|.

Corrigé

pF(x)=x,e1e1=2e1=(0,0,2)p_F(x)=\langle x,e_1\rangle e_1=2\,e_1=(0,0,2). xpF(x)=(1,2,0)x-p_F(x)=(1,2,0), de norme 1+4=5\sqrt{1+4}=\sqrt5.

Exercice 8

Vrai ou faux : la projection orthogonale pFp_F sur un sous-espace fermé FF est une application linéaire.

Corrigé

Vrai. C'est une propriété importante du théorème de projection : pFp_F est non seulement bien définie et continue, mais aussi linéaire — ce qui découle de l'unicité de la décomposition orthogonale et de la linéarité du produit scalaire.

Exercice 9

Appliquer la première étape de Gram-Schmidt à v1=(3,4)v_1=(3,4) : calculer u1=v1/v1u_1=v_1/\|v_1\|.

Corrigé

v1=9+16=5\|v_1\|=\sqrt{9+16}=5, donc u1=(3/5,4/5)u_1=(3/5,4/5), de norme 11 (on vérifie 9/25+16/25=19/25+16/25=1).

Exercice 10

Démontrer que pF(x)p_F(x), défini comme le point de FF minimisant xy\|x-y\|, vérifie nécessairement xpF(x),z=0\langle x-p_F(x),z\rangle=0 pour tout zFz\in F (caractérisation par l'orthogonalité), en étudiant txpF(x)tz2t\mapsto\|x-p_F(x)-tz\|^2.

Corrigé

Mise en place. Fixons zFz\in F et considérons la fonction φ(t)=xpF(x)tz2\varphi(t)=\|x-p_F(x)-tz\|^2 pour tRt\in\mathbb{R}. Comme FF est un sous-espace vectoriel, pF(x)+tzFp_F(x)+tz\in F pour tout tt, donc par la propriété de minimalité de pF(x)p_F(x) :

φ(t)=x(pF(x)+tz)2xpF(x)2=φ(0)tR\varphi(t) = \|x-(p_F(x)+tz)\|^2 \geq \|x-p_F(x)\|^2 = \varphi(0) \qquad \forall t\in\mathbb{R}

Conséquence : t=0t=0 est un minimum de φ\varphi. Comme φ\varphi est dérivable (polynôme du second degré en tt) et atteint son minimum en t=0t=0, on a nécessairement φ(0)=0\varphi'(0)=0.

Développement explicite. φ(t)=xpF(x)22txpF(x),z+t2z2\varphi(t)=\|x-p_F(x)\|^2-2t\langle x-p_F(x),z\rangle+t^2\|z\|^2, donc φ(t)=2xpF(x),z+2tz2\varphi'(t)=-2\langle x-p_F(x),z\rangle+2t\|z\|^2.

Conclusion. φ(0)=2xpF(x),z=0\varphi'(0)=-2\langle x-p_F(x),z\rangle=0, d'où :

xpF(x),z=0zF\langle x-p_F(x),z\rangle = 0 \qquad \forall z\in F \qquad \square

Exercice 11

Démontrer l'unicité de la projection orthogonale : si p,pFp,p'\in F vérifient tous deux xpFx-p\perp F et xpFx-p'\perp F, alors p=pp=p'.

Corrigé

Différence des deux candidats. Comme p,pFp,p'\in F (sous-espace vectoriel), on a ppFp-p'\in F.

Utilisation de l'orthogonalité. Par hypothèse, xpFx-p\perp F et xpFx-p'\perp F, donc en particulier (puisque ppFp-p'\in F) :

xp,pp=0etxp,pp=0\langle x-p,\,p-p'\rangle = 0 \qquad \text{et} \qquad \langle x-p',\,p-p'\rangle = 0

Soustraction des deux égalités.

xp,ppxp,pp=00=0\langle x-p',p-p'\rangle - \langle x-p,p-p'\rangle = 0 - 0 = 0

Or le membre de gauche se simplifie (par bilinéarité) :

(xp)(xp),pp=pp,pp=pp2\langle (x-p')-(x-p),\,p-p'\rangle = \langle p-p',\,p-p'\rangle = \|p-p'\|^2

Conclusion. pp2=0\|p-p'\|^2=0, donc pp=0p-p'=0 (car la norme est définie positive), c'est-à-dire p=pp=p'. \square Cela confirme que la projection orthogonale, lorsqu'elle existe, est nécessairement unique — c'est ce qui justifie de parler de « la » projection pF(x)p_F(x) plutôt que « d'une » projection.

Exercice 12

Appliquer le procédé de Gram-Schmidt complet à v1=(1,1,0)v_1=(1,1,0), v2=(1,0,1)v_2=(1,0,1) pour obtenir une base orthonormée (u1,u2)(u_1,u_2) du plan Vect(v1,v2)\text{Vect}(v_1,v_2).

Corrigé

Première étape. u1=v1v1u_1=\dfrac{v_1}{\|v_1\|}. Comme v1=12+12+02=2\|v_1\|=\sqrt{1^2+1^2+0^2}=\sqrt2 :

u1=(12,12,0)u_1 = \left(\frac{1}{\sqrt2},\frac{1}{\sqrt2},0\right)

Deuxième étape — calcul de v2,u1\langle v_2,u_1\rangle. v2,u1=1×12+0×12+1×0=12\langle v_2,u_1\rangle = 1\times\dfrac{1}{\sqrt2}+0\times\dfrac{1}{\sqrt2}+1\times0 = \dfrac{1}{\sqrt2}.

Soustraction de la projection. w2=v2v2,u1u1=(1,0,1)12(12,12,0)=(1,0,1)(12,12,0)=(12,12,1)w_2=v_2-\langle v_2,u_1\rangle u_1 = (1,0,1) - \dfrac{1}{\sqrt2}\left(\dfrac{1}{\sqrt2},\dfrac{1}{\sqrt2},0\right) = (1,0,1)-\left(\dfrac12,\dfrac12,0\right) = \left(\dfrac12,-\dfrac12,1\right).

Normalisation. w2=14+14+1=32\|w_2\|=\sqrt{\dfrac14+\dfrac14+1}=\sqrt{\dfrac32}, donc :

u2=w2w2=13/2(12,12,1)u_2 = \frac{w_2}{\|w_2\|} = \frac{1}{\sqrt{3/2}}\left(\frac12,-\frac12,1\right)

Vérification rapide : u1,u2\langle u_1,u_2\rangle doit être nul (par construction, w2u1w_2\perp u_1), ce qu'on peut vérifier directement : w2,u1=12121212+1×0=0\langle w_2,u_1\rangle=\dfrac12\cdot\dfrac1{\sqrt2}-\dfrac12\cdot\dfrac1{\sqrt2}+1\times0=0. ✓

Exercice 13

Vrai ou faux : pour FF fermé et xFx\notin F, on a toujours d(x,F)=xpF(x)>0d(x,F)=\|x-p_F(x)\|>0.

Corrigé

Vrai. Si d(x,F)=0d(x,F)=0, alors pF(x)p_F(x) serait à distance nulle de xx, donc pF(x)=xp_F(x)=x (la norme est définie positive), ce qui impliquerait xFx\in F — contredisant l'hypothèse xFx\notin F. Donc nécessairement d(x,F)>0d(x,F)>0.

Exercice 14

Démontrer, en utilisant la décomposition orthogonale H=FFH=F\oplus F^\perp, l'identité x2=pF(x)2+d(x,F)2\|x\|^2=\|p_F(x)\|^2+d(x,F)^2.

Corrigé

Décomposition orthogonale. On écrit x=pF(x)+(xpF(x))x=p_F(x)+(x-p_F(x)), où pF(x)Fp_F(x)\in F et, par la caractérisation de la projection (§1), xpF(x)Fx-p_F(x)\perp F, donc en particulier xpF(x)Fx-p_F(x)\in F^\perp et est orthogonal à pF(x)p_F(x) (qui appartient à FF).

Application du théorème de Pythagore. Comme pF(x)(xpF(x))p_F(x)\perp(x-p_F(x)) :

x2=pF(x)+(xpF(x))2=pF(x)2+xpF(x)2\|x\|^2 = \|p_F(x)+(x-p_F(x))\|^2 = \|p_F(x)\|^2 + \|x-p_F(x)\|^2

Identification de xpF(x)\|x-p_F(x)\|. Par définition même de la projection orthogonale (théorème §1), xpF(x)=d(x,F)\|x-p_F(x)\|=d(x,F) (la distance minimale de xx à FF est exactement réalisée en pF(x)p_F(x)).

Conclusion.

x2=pF(x)2+d(x,F)2\|x\|^2 = \|p_F(x)\|^2 + d(x,F)^2 \qquad \square

Cette identité a une interprétation géométrique limpide : le carré de la norme de xx se décompose en la partie « expliquée » par FF (le carré de la norme de la projection) et la partie « résiduelle » (le carré de la distance à FF) — c'est l'analogue, en dimension infinie, de la décomposition variance expliquée/variance résiduelle en régression linéaire.

Exercice 15

Démontrer que pour FGF\subset G (deux sous-espaces fermés emboîtés), d(x,G)d(x,F)d(x,G)\leq d(x,F) pour tout xx, et interpréter ce résultat.

Corrigé

Inclusion des ensembles de candidats. Comme FGF\subseteq G, l'ensemble des distances candidates {xy:yF}\{\|x-y\|:y\in F\} est inclus dans {xy:yG}\{\|x-y\|:y\in G\} (tout yFy\in F est aussi dans GG).

Monotonie de l'infimum. Pour deux ensembles de réels ABA\subseteq B, on a toujours infBinfA\inf B\leq\inf A (prendre l'infimum sur un ensemble plus grand ne peut que faire baisser, ou laisser inchangée, la valeur — car BB contient au moins tous les candidats de AA, donc potentiellement de meilleurs).

Application. En posant A={xy:yF}A=\{\|x-y\|:y\in F\} et B={xy:yG}B=\{\|x-y\|:y\in G\}, avec ABA\subseteq B :

d(x,G)=infBinfA=d(x,F)d(x,G) = \inf B \leq \inf A = d(x,F)

Interprétation géométrique. Ce résultat est intuitif : GG, contenant FF, offre plus de candidats yy potentiels pour approcher xx ; on ne peut donc jamais faire moins bien (distance plus grande) en élargissant l'espace d'approximation, seulement aussi bien ou mieux. C'est le principe sous-jacent à de nombreuses méthodes d'approximation (par exemple en analyse numérique : enrichir une base d'approximation ne peut que diminuer l'erreur minimale possible). \square

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