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Licence 3 · Théorie de la mesure L3 — Intégrale de Lebesgue

Fonctions mesurables et construction de l'intégrale de Lebesgue

Fonctions mesurables et construction de l'intégrale de Lebesgue

1. Fonctions mesurables

Une fonction f:ΩRf:\Omega\to\mathbb{R} (ou R=R{±}\overline{\mathbb{R}}=\mathbb{R}\cup\{\pm\infty\}) est mesurable (par rapport à une tribu A\mathcal{A} sur Ω\Omega) si, pour tout aRa\in\mathbb{R}, l'ensemble {xΩ:f(x)>a}\{x\in\Omega:f(x)>a\} appartient à A\mathcal{A}. Cette condition équivaut à demander que {f<a}\{f<a\}, {fa}\{f\leq a\} ou {fa}\{f\geq a\} soient mesurables pour tout aa — les quatre formulations sont équivalentes.

Propriétés de stabilité : la somme, le produit, le maximum, le minimum de deux fonctions mesurables sont mesurables ; la limite simple d'une suite de fonctions mesurables est mesurable (contrairement à la continuité, qui n'est pas stable par limite simple !). Toute fonction continue est mesurable (pour la tribu borélienne).

2. Fonctions étagées

Une fonction étagée (ou simple) est une combinaison linéaire finie d'indicatrices d'ensembles mesurables :

φ=i=1nci1Ai(ciR+, AiA deux aˋ deux disjoints)\varphi = \sum_{i=1}^n c_i\,\mathbb{1}_{A_i} \qquad (c_i\in\mathbb{R}_+,\ A_i\in\mathcal{A}\text{ deux à deux disjoints})

On définit naturellement son intégrale : φdμ=i=1nciμ(Ai)\displaystyle\int\varphi\,d\mu = \sum_{i=1}^n c_i\,\mu(A_i).

3. Construction de l'intégrale pour f0f\geq0 mesurable

Pour une fonction mesurable f0f\geq0, on définit :

fdμ=sup{φdμ:φ eˊtageˊe,0φf}\int f\,d\mu = \sup\left\{\int\varphi\,d\mu : \varphi\text{ étagée}, 0\leq\varphi\leq f\right\}

C'est-à-dire qu'on approxime ff par des fonctions étagées en escalier sous son graphe, et on prend la borne supérieure des intégrales de ces approximations — l'idée duale de Riemann (qui découpe l'axe des abscisses), Lebesgue découpe l'axe des ordonnées.

4. Intégrale pour ff de signe quelconque

Pour ff mesurable de signe quelconque, on pose f+=max(f,0)f^+=\max(f,0) et f=max(f,0)f^-=\max(-f,0) (parties positive et négative, toutes deux 0\geq0), avec f=f+ff=f^+-f^- et f=f++f|f|=f^++f^-. On dit que ff est intégrable si f+dμ<\int f^+\,d\mu<\infty et fdμ<\int f^-\,d\mu<\infty (de façon équivalente, fdμ<\int|f|\,d\mu<\infty), et on pose alors :

fdμ=f+dμfdμ\int f\,d\mu = \int f^+\,d\mu - \int f^-\,d\mu

5. Exemple résolu — la fonction de Dirichlet, enfin intégrable

Reprenons f=1Q[0,1]f=\mathbb{1}_{\mathbb{Q}\cap[0,1]}. Comme Q[0,1]\mathbb{Q}\cap[0,1] est mesurable (dénombrable, donc borélien) et de mesure de Lebesgue nulle (§4 de la leçon précédente), ff est une fonction étagée elle-même (f=11Q[0,1]+01[0,1]Qf=1\cdot\mathbb{1}_{\mathbb{Q}\cap[0,1]}+0\cdot\mathbb{1}_{[0,1]\setminus\mathbb{Q}}), donc directement intégrable, avec :

01fdλ=1×λ(Q[0,1])+0×λ([0,1]Q)=1×0+0=0\int_0^1 f\,d\lambda = 1\times\lambda(\mathbb{Q}\cap[0,1]) + 0\times\lambda([0,1]\setminus\mathbb{Q}) = 1\times0+0 = 0

Lebesgue résout donc immédiatement ce que Riemann ne pouvait pas traiter — et confirme l'intuition que ff est « presque partout nulle ».

6. Comparaison avec l'intégrale de Riemann

Théorème de compatibilité : si ff est Riemann-intégrable sur [a,b][a,b], alors ff est Lebesgue-intégrable, et les deux intégrales coïncident. L'intégrale de Lebesgue est donc une extension stricte de l'intégrale de Riemann (elle traite davantage de fonctions, comme Dirichlet, et son cadre théorique pour les théorèmes de convergence est bien plus robuste — étudié à la leçon suivante).

7. Récapitulatif


NotionDéfinition
|---|---|




Fonction mesurable{f>a}\{f>a\} mesurable pour tout aRa\in\mathbb{R}
Fonction étagéecombinaison linéaire finie d'indicatrices d'ensembles mesurables
fdμ\int f\,d\mu (f0f\geq0)sup\sup des intégrales des étagées f\leq f
ff intégrablefdμ<\int|f|\,d\mu<\infty
Compatibilité Riemann/Lebesguecoïncident sur les fonctions Riemann-intégrables

Exercices de la leçon

Exercice 1

Quelle est la condition pour qu'une fonction ff soit mesurable ?

Corrigé

C'est la définition standard : ff est mesurable si l'image réciproque de tout intervalle ]a,+[]a,+\infty[ est un ensemble mesurable, pour tout aa réel.

Exercice 2

Vrai ou faux : toute fonction continue est mesurable (pour la tribu borélienne).

Corrigé

Vrai. Si ff est continue, {f>a}=f1(]a,+[)\{f>a\}=f^{-1}(]a,+\infty[) est l'image réciproque d'un ouvert par une application continue, donc un ouvert, donc un borélien.

Exercice 3

Qu'est-ce qu'une fonction étagée ?

Corrigé

Une fonction étagée s'écrit φ=ici1Ai\varphi=\sum_ic_i\mathbb{1}_{A_i} avec les AiA_i mesurables disjoints — c'est l'analogue, pour Lebesgue, des fonctions en escalier utilisées dans la construction de Riemann.

Exercice 4

Vrai ou faux : si ff est Riemann-intégrable sur [a,b][a,b], alors ff est aussi Lebesgue-intégrable, avec la même valeur d'intégrale.

Corrigé

Vrai. C'est le théorème de compatibilité : l'intégrale de Lebesgue étend strictement celle de Riemann, sans jamais la contredire sur les fonctions où les deux sont définies.

Exercice 5

Quelle est l'intégrale de Lebesgue de la fonction de Dirichlet 1Q[0,1]\mathbb{1}_{\mathbb{Q}\cap[0,1]} sur [0,1][0,1] ?

Corrigé

Comme Q[0,1]\mathbb{Q}\cap[0,1] est de mesure de Lebesgue nulle, 011Q[0,1]dλ=1×0=0\int_0^1\mathbb{1}_{\mathbb{Q}\cap[0,1]}\,d\lambda=1\times0=0.

Exercice 6

Pour la fonction étagée φ=31[0,1]+51]1,2]\varphi=3\cdot\mathbb{1}_{[0,1]}+5\cdot\mathbb{1}_{]1,2]}, calculer φdλ\int\varphi\,d\lambda.

Corrigé

φdλ=3×λ([0,1])+5×λ(]1,2])=3×1+5×1=8\int\varphi\,d\lambda=3\times\lambda([0,1])+5\times\lambda(]1,2])=3\times1+5\times1=8.

Exercice 7

Pour f(x)=xf(x)=x sur Ω=[2,3]\Omega=[-2,3], calculer f+dλ\int f^+\,d\lambda (la partie positive intégrée).

Corrigé

f+(x)=max(x,0)f^+(x)=\max(x,0) vaut xx sur [0,3][0,3] et 00 ailleurs. f+dλ=03xdx=92\int f^+\,d\lambda=\int_0^3x\,dx=\dfrac{9}{2}.

Exercice 8

Vrai ou faux : la somme de deux fonctions mesurables est toujours mesurable.

Corrigé

Vrai. C'est l'une des propriétés de stabilité de base des fonctions mesurables, qui en fait un cadre très robuste (contrairement, par exemple, à la dérivabilité, qui n'est pas toujours préservée par certaines opérations).

Exercice 9

Vrai ou faux : la limite simple d'une suite de fonctions continues est toujours continue.

Corrigé

Faux — c'est une des limites de la continuité que la théorie de la mesure dépasse. Contre-exemple classique : fn(x)=xnf_n(x)=x^n sur [0,1][0,1], continue pour tout nn, converge simplement vers la fonction discontinue f(x)=0f(x)=0 pour x<1x<1, f(1)=1f(1)=1. En revanche, la mesurabilité est, elle, toujours préservée par limite simple.

Exercice 10

Soit f(x)=2f(x)=-2 sur [0,1][0,1] et f(x)=3f(x)=3 sur ]1,2]]1,2]. Calculer fdλ\int f\,d\lambda en utilisant f=f+ff=f^+-f^-.

Corrigé

Décomposition en parties positive et négative. f+=max(f,0)f^+=\max(f,0) vaut 33 sur ]1,2]]1,2] (où f=3>0f=3>0) et 00 sur [0,1][0,1] (où f=2<0f=-2<0). f=max(f,0)f^-=\max(-f,0) vaut 22 sur [0,1][0,1] (où f=2>0-f=2>0) et 00 sur ]1,2]]1,2].

Calcul séparé. f+dλ=3×λ(]1,2])=3×1=3\int f^+\,d\lambda = 3\times\lambda(]1,2]) = 3\times1=3. fdλ=2×λ([0,1])=2×1=2\int f^-\,d\lambda = 2\times\lambda([0,1]) = 2\times1=2.

Conclusion. fdλ=f+dλfdλ=32=1\int f\,d\lambda = \int f^+\,d\lambda - \int f^-\,d\lambda = 3-2=1.

Vérification directe (puisque ff est elle-même étagée) : fdλ=(2)×1+3×1=1\int f\,d\lambda=(-2)\times1+3\times1=1. Les deux méthodes coïncident. \square

Exercice 11

Démontrer que l'ensemble {f=a}\{f=a\} est mesurable pour toute fonction mesurable ff et tout aRa\in\mathbb{R}, à partir de la définition {f>c}\{f>c\} mesurable pour tout cc.

Corrigé

Étape 1 — {fa}\{f\geq a\} est mesurable. On écrit {fa}=n1{f>a1/n}\{f\geq a\}=\bigcap_{n\geq1}\{f>a-1/n\} (un point xx vérifie f(x)af(x)\geq a si et seulement si f(x)>a1/nf(x)>a-1/n pour tout nn, par passage à la limite). Chaque {f>a1/n}\{f>a-1/n\} est mesurable par hypothèse, et une intersection dénombrable d'ensembles mesurables est mesurable (stabilité de la tribu, via De Morgan à partir de la stabilité par réunion dénombrable et complémentaire).

Étape 2 — {fa}\{f\leq a\} est mesurable. {fa}={f>a}c\{f\leq a\}=\{f>a\}^c, complémentaire d'un mesurable, donc mesurable.

Étape 3 — conclusion. {f=a}={fa}{fa}\{f=a\}=\{f\geq a\}\cap\{f\leq a\}, intersection de deux ensembles mesurables, donc mesurable (stabilité par intersection finie, cas particulier de la stabilité dénombrable). \square

Exercice 12

Soit fn=n1[0,1/n]f_n=n\cdot\mathbb{1}_{[0,1/n]}. Calculer fndλ\int f_n\,d\lambda pour tout nn, puis limnfndλ\lim_n\int f_n\,d\lambda, et comparer avec (limnfn)dλ\int\big(\lim_nf_n\big)\,d\lambda.

Corrigé

Calcul de fndλ\int f_n\,d\lambda. fnf_n est une fonction étagée valant nn sur [0,1/n][0,1/n] et 00 ailleurs, donc fndλ=n×λ([0,1/n])=n×1n=1\int f_n\,d\lambda = n\times\lambda([0,1/n]) = n\times\dfrac1n = 1, pour tout nn. Donc limnfndλ=1\lim_n\int f_n\,d\lambda=1.

Limite simple (pointwise) de fnf_n. Pour x>0x>0 fixé, dès que n>1/xn>1/x, on a x[0,1/n]x\notin[0,1/n], donc fn(x)=0f_n(x)=0 : ainsi fn(x)0f_n(x)\to0 pour tout x>0x>0. En x=0x=0, fn(0)=n+f_n(0)=n\to+\infty (mais {0}\{0\} est négligeable). Donc fn0f_n\to0 presque partout.

Comparaison. (limnfn)dλ=0dλ=0\displaystyle\int\Big(\lim_nf_n\Big)d\lambda = \int0\,d\lambda=0, alors que limnfndλ=10\displaystyle\lim_n\int f_n\,d\lambda=1\neq0.

Conclusion. Cet exemple montre qu'en général, on ne peut pas échanger limite et intégrale sans hypothèse supplémentaire : ici, la « masse » de fnf_n ne disparaît pas à la limite mais se concentre de plus en plus près de x=0x=0 (un phénomène de concentration), empêchant le théorème de convergence dominée de s'appliquer (il n'existe pas de fonction intégrable gg avec fngf_n\leq g pour tout nn, car fn(0)=nf_n(0)=n\to\infty). C'est exactement la mise en garde qui motive les hypothèses précises des théorèmes de convergence étudiés à la leçon suivante.

Exercice 13

Vrai ou faux : si f=gf=g presque partout et que ff est intégrable, alors gg est intégrable avec fdμ=gdμ\int f\,d\mu=\int g\,d\mu.

Corrigé

Vrai. C'est une propriété fondamentale de l'intégrale de Lebesgue : elle ne « voit » pas les ensembles négligeables. Deux fonctions égales presque partout ont des intégrales identiques — c'est précisément ce qui permet à Lebesgue de traiter sans difficulté la fonction de Dirichlet (égale presque partout à la fonction nulle).

Exercice 14

Démontrer la linéarité de l'intégrale sur les fonctions étagées positives : pour φ,ψ\varphi,\psi étagées 0\geq0 et α,β0\alpha,\beta\geq0, (αφ+βψ)dμ=αφdμ+βψdμ\int(\alpha\varphi+\beta\psi)\,d\mu=\alpha\int\varphi\,d\mu+\beta\int\psi\,d\mu.

Corrigé

Raffinement commun des partitions. Écrivons φ=ici1Ai\varphi=\sum_ic_i\mathbb{1}_{A_i} et ψ=jdj1Bj\psi=\sum_jd_j\mathbb{1}_{B_j}, où (Ai)i(A_i)_i et (Bj)j(B_j)_j forment chacune une partition mesurable de l'espace (en complétant éventuellement par un ensemble où la fonction vaut 00). On considère le raffinement commun Cij=AiBjC_{ij}=A_i\cap B_j, qui forme également une partition, et sur lequel φ\varphi vaut cic_i et ψ\psi vaut djd_j (constantes), donc αφ+βψ\alpha\varphi+\beta\psi vaut la constante αci+βdj\alpha c_i+\beta d_j sur chaque CijC_{ij}.

Calcul de l'intégrale sur la partition raffinée. Par définition de l'intégrale d'une fonction étagée :

(αφ+βψ)dμ=i,j(αci+βdj)μ(Cij)=αi,jciμ(Cij)+βi,jdjμ(Cij)\int(\alpha\varphi+\beta\psi)\,d\mu = \sum_{i,j}(\alpha c_i+\beta d_j)\,\mu(C_{ij}) = \alpha\sum_{i,j}c_i\mu(C_{ij}) + \beta\sum_{i,j}d_j\mu(C_{ij})

Regroupement par ii (puis par jj). Comme (Cij)j(C_{ij})_j partitionne AiA_i pour chaque ii fixé, jμ(Cij)=μ(Ai)\sum_jμ(C_{ij})=\mu(A_i) par additivité finie, donc i,jciμ(Cij)=iciμ(Ai)=φdμ\sum_{i,j}c_i\mu(C_{ij})=\sum_ic_i\mu(A_i)=\int\varphi\,d\mu. De même, i,jdjμ(Cij)=jdjμ(Bj)=ψdμ\sum_{i,j}d_j\mu(C_{ij})=\sum_jd_j\mu(B_j)=\int\psi\,d\mu.

Conclusion.

(αφ+βψ)dμ=αφdμ+βψdμ\int(\alpha\varphi+\beta\psi)\,d\mu = \alpha\int\varphi\,d\mu + \beta\int\psi\,d\mu \qquad \square

Cette linéarité sur les étagées est la brique de base à partir de laquelle on étend ensuite la linéarité de l'intégrale à toutes les fonctions intégrables, par passage à la limite dans la construction par sup.

Exercice 15

Démontrer que ff mesurable bornée sur un ensemble de mesure finie est toujours intégrable (i.e. fdμ<\int|f|\,d\mu<\infty).

Corrigé

Hypothèses. Soit ff mesurable avec f(x)M|f(x)|\leq M pour tout xΩx\in\Omega (bornée), et μ(Ω)<\mu(\Omega)<\infty (mesure finie).

Majoration directe. La fonction constante g=M1Ωg=M\cdot\mathbb{1}_\Omega est une fonction étagée positive vérifiant fg|f|\leq g partout sur Ω\Omega.

Monotonie de l'intégrale. Par construction de l'intégrale de Lebesgue (borne supérieure des intégrales des étagées minorant la fonction), si hgh\leq g (avec h,g0h,g\geq0 mesurables), alors hdμgdμ\int h\,d\mu\leq\int g\,d\mu (toute étagée h\leq h est aussi g\leq g, donc l'ensemble des étagées dont on prend le sup pour hh est inclus dans celui pour gg).

Application. fdμgdμ=M1Ωdμ=Mμ(Ω)\int|f|\,d\mu \leq \int g\,d\mu = \int M\cdot\mathbb{1}_\Omega\,d\mu = M\cdot\mu(\Omega).

Conclusion. Comme M<M<\infty et μ(Ω)<\mu(\Omega)<\infty, on a Mμ(Ω)<M\cdot\mu(\Omega)<\infty, donc fdμ<\int|f|\,d\mu<\infty : ff est intégrable. \square Ce résultat justifie que, sur un espace de mesure finie (comme [0,1][0,1] muni de Lebesgue), toute fonction mesurable bornée est automatiquement intégrable, sans condition supplémentaire — contrairement au cas d'un espace de mesure infinie (comme R\mathbb{R} tout entier), où une fonction bornée n'est pas forcément intégrable (par exemple f1f\equiv1 sur R\mathbb{R}).

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