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Licence 1 · Nombres complexes

Équations complexes et racines n-ièmes

Équations complexes et racines n-ièmes

### 1. Racines carrées d'un nombre complexe quelconque

Soit ZCZ \in \mathbb{C}^*. On cherche zCz \in \mathbb{C} tel que z2=Zz^2 = Z. En écrivant z=x+iyz = x+iy et Z=a+ibZ = a+ib (x,y,a,bRx,y,a,b\in\mathbb{R}), l'équation z2=Zz^2=Z équivaut au système :

x2y2=a,2xy=b,x2+y2=a2+b2x^2 - y^2 = a, \qquad 2xy = b, \qquad x^2+y^2 = \sqrt{a^2+b^2}

où la troisième équation (égalité des modules de z2z^2 et ZZ, i.e. z2=Z|z|^2=|Z|) est ajoutée pour faciliter la résolution. On en déduit x2x^2 et y2y^2 par somme et différence des deux premières et de la troisième, le signe de xyxy (donné par bb) permettant de choisir les signes relatifs de xx et yy.

Exemple résolu. Calculer les racines carrées de Z=3+4iZ = -3+4i.

On pose z=x+iyz=x+iy avec z2=3+4iz^2=-3+4i :

x2y2=3,2xy=4,x2+y2=(3)2+42=25=5x^2-y^2=-3, \qquad 2xy=4, \qquad x^2+y^2=\sqrt{(-3)^2+4^2}=\sqrt{25}=5

En ajoutant la première et la troisième : 2x2=2x2=1x=±12x^2=2 \Rightarrow x^2=1 \Rightarrow x=\pm 1. En les soustrayant : 2y2=8y2=4y=±22y^2=8 \Rightarrow y^2=4 \Rightarrow y=\pm 2. Comme 2xy=4>02xy=4>0, xx et yy sont de même signe. Les solutions sont donc z=1+2iz = 1+2i et z=12iz=-1-2i.

Vérification : (1+2i)2=1+4i+4i2=1+4i4=3+4i(1+2i)^2 = 1+4i+4i^2 = 1+4i-4 = -3+4i. ✓

Tout nombre complexe non nul possède exactement deux racines carrées, opposées l'une de l'autre.

### 2. Équation du second degré à coefficients complexes

Soit l'équation az2+bz+c=0az^2+bz+c=0 avec a,b,cCa,b,c \in \mathbb{C}, a0a\neq 0. On définit le discriminant complexe :

Δ=b24ac\Delta = b^2-4ac

Comme tout complexe non nul possède une racine carrée, on peut toujours écrire Δ=δ2\Delta = \delta^2 pour un certain δC\delta \in \mathbb{C} (l'une des deux racines carrées de Δ\Delta, obtenue par la méthode du paragraphe précédent si ΔR+\Delta \notin \mathbb{R}_+). Les solutions de l'équation sont alors :

z1=b+δ2az2=bδ2az_1 = \dfrac{-b+\delta}{2a} \qquad z_2 = \dfrac{-b-\delta}{2a}

Si Δ=0\Delta = 0, l'équation a une unique solution double z0=b2az_0 = -\dfrac{b}{2a}. Contrairement au cas réel, toute équation du second degré à coefficients complexes admet des solutions dans C\mathbb{C}, sans condition de signe sur Δ\Delta.

Exemple résolu. Résoudre z22iz1+2i=0z^2 - 2iz - 1 + 2i = 0.

On a a=1a=1, b=2ib=-2i, c=1+2ic=-1+2i. Le discriminant est :

Δ=b24ac=(2i)24(1+2i)=4+48i=8i\Delta = b^2-4ac = (-2i)^2 - 4(-1+2i) = -4 + 4 - 8i = -8i

On cherche δ=x+iy\delta=x+iy tel que δ2=8i\delta^2=-8i : x2y2=0x^2-y^2=0, 2xy=82xy=-8, x2+y2=8x^2+y^2=8. De x2y2=0x^2-y^2=0 et x2+y2=8x^2+y^2=8 on tire x2=y2=4x^2=y^2=4, donc x=±2x=\pm 2, y=±2y=\pm 2. Comme 2xy=8<02xy=-8<0, xx et yy sont de signes opposés : δ=22i\delta = 2-2i (ou son opposé). On obtient :
z1=2i+(22i)2=22=1z2=2i(22i)2=2+4i2=1+2iz_1 = \dfrac{2i+(2-2i)}{2} = \dfrac{2}{2} = 1 \qquad z_2 = \dfrac{2i-(2-2i)}{2} = \dfrac{-2+4i}{2} = -1+2i

Vérification (somme et produit) : z1+z2=1+(1+2i)=2i=b/az_1+z_2 = 1+(-1+2i) = 2i = -b/a ✓ et z1z2=1×(1+2i)=1+2i=c/az_1 z_2 = 1\times(-1+2i) = -1+2i = c/a ✓.

### 3. Racines n-ièmes de l'unité

Pour nNn \in \mathbb{N}^*, on appelle racine n-ième de l'unité toute solution de l'équation zn=1z^n = 1. En écrivant z=reiθz = re^{i\theta}, l'équation zn=1=ei0z^n=1=e^{i\cdot 0} équivaut à rn=1r^n=1 et nθ0  (mod 2π)n\theta \equiv 0 \;(\text{mod } 2\pi), soit r=1r=1 (car r>0r>0) et θ=2kπn\theta = \dfrac{2k\pi}{n}, kZk\in\mathbb{Z}.

Il y a exactement nn racines distinctes, obtenues pour k=0,1,,n1k=0,1,\dots,n-1 :

zk=e2ikπ/n,k=0,1,,n1z_k = e^{2ik\pi/n}, \qquad k=0,1,\dots,n-1

On note souvent ω=e2iπ/n\omega = e^{2i\pi/n}, de sorte que les racines sont 1,ω,ω2,,ωn11, \omega, \omega^2, \dots, \omega^{n-1}. Leur somme est nulle pour n2n\geq 2 :

k=0n1ωk=0\sum_{k=0}^{n-1} \omega^k = 0

(somme d'une suite géométrique de raison ω1\omega\neq 1 et de premier terme 11, qui vaut ωn1ω1=0ω1=0\dfrac{\omega^n-1}{\omega-1}=\dfrac{0}{\omega-1}=0).

Exemple résolu. Déterminer les racines cubiques de l'unité.

Avec n=3n=3 : zk=e2ikπ/3z_k = e^{2ik\pi/3} pour k=0,1,2k=0,1,2, soit :

z0=1,z1=e2iπ/3=12+i32,z2=e4iπ/3=12i32z_0 = 1, \qquad z_1 = e^{2i\pi/3} = -\dfrac{1}{2}+i\dfrac{\sqrt{3}}{2}, \qquad z_2 = e^{4i\pi/3} = -\dfrac{1}{2}-i\dfrac{\sqrt{3}}{2}

### 4. Racines n-ièmes d'un complexe quelconque

Soit Z=reiθCZ = re^{i\theta} \in \mathbb{C}^* (r>0r>0). On cherche les solutions de zn=Zz^n = Z. En écrivant z=ρeiφz=\rho e^{i\varphi}, l'équation équivaut à ρn=r\rho^n = r et nφθ  (mod 2π)n\varphi \equiv \theta \;(\text{mod } 2\pi), soit ρ=r1/n\rho = r^{1/n} (racine nn-ième réelle positive, unique) et φ=θ+2kπn\varphi = \dfrac{\theta+2k\pi}{n}, kZk\in\mathbb{Z}.

Il y a exactement nn racines nn-ièmes distinctes :

zk=r1/nei(θ+2kπ)/n,k=0,1,,n1z_k = r^{1/n}\, e^{i(\theta+2k\pi)/n}, \qquad k=0,1,\dots,n-1

Elles s'obtiennent toutes à partir d'une racine nn-ième particulière z0z_0 en la multipliant par les racines nn-ièmes de l'unité : zk=z0ωkz_k = z_0 \,\omega^k avec ω=e2iπ/n\omega=e^{2i\pi/n}.

Exemple résolu. Déterminer les racines cubiques de Z=8iZ = 8i.

On écrit Z=8i=8eiπ/2Z = 8i = 8\,e^{i\pi/2} (module r=8r=8, argument θ=π/2\theta=\pi/2). Les racines cubiques sont :

zk=81/3ei(π/2+2kπ)/3=2ei(π/6+2kπ/3),k=0,1,2z_k = 8^{1/3}\,e^{i(\pi/2+2k\pi)/3} = 2\,e^{i(\pi/6+2k\pi/3)}, \qquad k=0,1,2

- k=0k=0 : z0=2eiπ/6=2(32+i12)=3+iz_0 = 2e^{i\pi/6} = 2\left(\dfrac{\sqrt{3}}{2}+i\dfrac{1}{2}\right) = \sqrt{3}+i
- k=1k=1 : z1=2ei(π/6+2π/3)=2ei5π/6=2(32+i12)=3+iz_1 = 2e^{i(\pi/6+2\pi/3)} = 2e^{i5\pi/6} = 2\left(-\dfrac{\sqrt{3}}{2}+i\dfrac{1}{2}\right) = -\sqrt{3}+i
- k=2k=2 : z2=2ei(π/6+4π/3)=2ei3π/2=2(0i)=2iz_2 = 2e^{i(\pi/6+4\pi/3)} = 2e^{i3\pi/2} = 2(0-i) = -2i

Vérification rapide : (3+i)2=3+23i1=2+23i(\sqrt{3}+i)^2 = 3+2\sqrt{3}i-1 = 2+2\sqrt{3}i, puis (3+i)3=(3+i)(2+23i)=23+6i+2i+23i2=23+8i23=8i(\sqrt{3}+i)^3 = (\sqrt{3}+i)(2+2\sqrt{3}i) = 2\sqrt{3}+6i+2i+2\sqrt{3}i^2 = 2\sqrt{3}+8i-2\sqrt{3} = 8i ✓.

### 5. Représentation géométrique : polygones réguliers

Les images des racines nn-ièmes de l'unité sont les sommets d'un polygone régulier à nn côtés inscrit dans le cercle unité, l'un des sommets étant le point d'affixe 11. Plus généralement, les racines nn-ièmes d'un complexe Z=reiθZ=re^{i\theta} sont les sommets d'un polygone régulier à nn côtés inscrit dans le cercle de centre OO et de rayon r1/nr^{1/n}, le premier sommet étant à l'angle θ/n\theta/n.

Exemple résolu (suite du paragraphe 4). Les trois racines cubiques de 8i8i — soit 3+i\sqrt{3}+i, 3+i-\sqrt{3}+i, 2i-2i — ont toutes pour module 22 et sont donc les sommets d'un triangle équilatéral inscrit dans le cercle de centre OO et de rayon 22, les arguments π/6\pi/6, 5π/65\pi/6, 3π/23\pi/2 étant régulièrement espacés de 2π/32\pi/3.

### 6. Factorisation de zn1z^n-1 et applications

De l'identité zn1=k=0n1(zωk)z^n - 1 = \prod_{k=0}^{n-1}(z-\omega^k) (où ω=e2iπ/n\omega=e^{2i\pi/n}), on tire en particulier, pour n2n\geq 2, la factorisation classique :

zn1=(z1)(zn1+zn2++z+1)z^n-1 = (z-1)\left(z^{n-1}+z^{n-2}+\cdots+z+1\right)

En regroupant les racines conjuguées deux à deux (sauf 11, et 1-1 si nn pair), on peut aussi factoriser zn1z^n-1 en produit de facteurs réels du second degré, ce qui est utile pour des calculs de sommes trigonométriques.

### 7. Équations bicarrées et changements de variable

Certaines équations de degré supérieur à 22 se ramènent à des équations du second degré par changement de variable.

Exemple résolu. Résoudre z4(1+i)z2+i=0z^4 - (1+i)z^2 + i = 0.

On pose u=z2u=z^2 : l'équation devient u2(1+i)u+i=0u^2-(1+i)u+i=0. Discriminant : Δ=(1+i)24i=1+2i14i=2i\Delta = (1+i)^2-4i = 1+2i-1-4i = -2i. On cherche δ=x+iy\delta=x+iy avec δ2=2i\delta^2=-2i : x2y2=0x^2-y^2=0, 2xy=22xy=-2, x2+y2=2x^2+y^2=2, d'où x2=y2=1x^2=y^2=1 et (signes opposés car 2xy<02xy<0) δ=1i\delta=1-i. Donc :

u1=(1+i)+(1i)2=1u2=(1+i)(1i)2=iu_1 = \dfrac{(1+i)+(1-i)}{2} = 1 \qquad u_2 = \dfrac{(1+i)-(1-i)}{2} = i

On résout ensuite z2=1z^2=1 (racines z=±1z=\pm 1) et z2=i=eiπ/2z^2=i=e^{i\pi/2} (racines z=eiπ/4=22(1+i)z=e^{i\pi/4}=\dfrac{\sqrt{2}}{2}(1+i) et son opposé). L'équation de degré 44 a donc quatre solutions : 11, 1-1, 22(1+i)\dfrac{\sqrt{2}}{2}(1+i), 22(1+i)-\dfrac{\sqrt{2}}{2}(1+i).

### 8. Synthèse des formules essentielles

| Notion | Formule |
|---|---|
| Discriminant complexe | Δ=b24ac\Delta = b^2-4ac, racines z1,2=b±δ2az_{1,2}=\dfrac{-b\pm\delta}{2a} avec δ2=Δ\delta^2=\Delta |
| Racines nn-ièmes de l'unité | zk=e2ikπ/nz_k = e^{2ik\pi/n}, k=0,,n1k=0,\dots,n-1 |
| Racines nn-ièmes de Z=reiθZ=re^{i\theta} | zk=r1/nei(θ+2kπ)/nz_k = r^{1/n}e^{i(\theta+2k\pi)/n}, k=0,,n1k=0,\dots,n-1 |
| Somme des racines nn-ièmes de l'unité (n2n\geq 2) | 00 |

Exercices de la leçon

Exercice 1

Combien de racines carrées possède un nombre complexe non nul ZZ ?

Corrigé

Tout nombre complexe non nul possède exactement deux racines carrées, opposées l'une de l'autre.

Exercice 2

Combien de racines a l'équation zn=1z^n=1 dans C\mathbb{C}, pour nNn\in\mathbb{N}^* ?

Corrigé

L'équation zn=1z^n=1 admet exactement nn solutions distinctes dans C\mathbb{C} : les racines nn-ièmes de l'unité e2ikπ/ne^{2ik\pi/n}, k=0,,n1k=0,\dots,n-1.

Exercice 3

Vrai ou faux : toute équation du second degré à coefficients complexes admet des solutions dans C\mathbb{C}.

Corrigé

Vrai. Le discriminant complexe Δ=b24ac\Delta=b^2-4ac, qu'il soit réel positif, négatif ou complexe non réel, possède toujours une racine carrée dans C\mathbb{C}, ce qui garantit l'existence de solutions.

Exercice 4

Quelle est la somme des nn racines nn-ièmes de l'unité pour n2n\geq 2 ?

Corrigé

C'est la somme d'une suite géométrique de raison ω=e2iπ/n1\omega=e^{2i\pi/n}\neq 1 : k=0n1ωk=ωn1ω1=0ω1=0\sum_{k=0}^{n-1}\omega^k = \dfrac{\omega^n-1}{\omega-1} = \dfrac{0}{\omega-1} = 0.

Exercice 5

Les racines carrées de 44 dans C\mathbb{C} sont :

Corrigé

On cherche zz tel que z2=4z^2=4. Les solutions sont z=2z=2 et z=2z=-2, opposées l'une de l'autre.

Exercice 6

Calculer les racines carrées de Z=3+4iZ = -3+4i.

Corrigé

Avec z=x+iyz=x+iy : x2y2=3x^2-y^2=-3, 2xy=42xy=4, x2+y2=5x^2+y^2=5. On trouve x2=1, y2=4x^2=1,\ y^2=4, et xy>0xy>0 impose même signe. D'où z=1+2iz=1+2i ou z=12iz=-1-2i. Vérification : (1+2i)2=1+4i4=3+4i(1+2i)^2=1+4i-4=-3+4i. ✓

Exercice 7

Résoudre l'équation z22iz1+2i=0z^2-2iz-1+2i=0 et donner la solution de plus petit module.

Corrigé

Le discriminant est Δ=(2i)24(1+2i)=4+48i=8i\Delta=(-2i)^2-4(-1+2i)=-4+4-8i=-8i, dont une racine carrée est δ=22i\delta=2-2i. Les solutions sont z1=2i+(22i)2=1z_1=\dfrac{2i+(2-2i)}{2}=1 et z2=2i(22i)2=1+2iz_2=\dfrac{2i-(2-2i)}{2}=-1+2i. Le module de z1=1z_1=1 vaut 11, celui de z2=1+2iz_2=-1+2i vaut 5\sqrt{5} : la plus petite est 11.

Exercice 8

Vrai ou faux : les racines cubiques de l'unité sont 11, e2iπ/3e^{2i\pi/3} et e4iπ/3e^{4i\pi/3}.

Corrigé

Vrai. Pour n=3n=3, les racines sont zk=e2ikπ/3z_k=e^{2ik\pi/3} pour k=0,1,2k=0,1,2, soit exactement 11, e2iπ/3e^{2i\pi/3} et e4iπ/3e^{4i\pi/3}.

Exercice 9

Déterminer les racines carrées de Z=iZ = i.

Corrigé

i=eiπ/2i=e^{i\pi/2}, donc une racine carrée est eiπ/4=22+i22=22(1+i)e^{i\pi/4}=\dfrac{\sqrt{2}}{2}+i\dfrac{\sqrt{2}}{2}=\dfrac{\sqrt{2}}{2}(1+i). L'autre racine est son opposé.

Exercice 10

Les racines nn-ièmes de l'unité, représentées dans le plan complexe, forment géométriquement :

Corrigé

Les racines nn-ièmes de l'unité ont toutes pour module 11 et des arguments régulièrement espacés de 2π/n2\pi/n : elles forment les sommets d'un polygone régulier à nn côtés inscrit dans le cercle unité.

Exercice 11

Déterminer les trois racines cubiques de Z=8iZ=8i et vérifier le résultat pour l'une d'entre elles.

Corrigé

Mise sous forme exponentielle : Z=8i=8eiπ/2Z = 8i = 8e^{i\pi/2} (module 88, argument π/2\pi/2).

Racines cubiques : zk=81/3ei(π/2+2kπ)/3=2ei(π/6+2kπ/3)z_k = 8^{1/3}e^{i(\pi/2+2k\pi)/3} = 2e^{i(\pi/6+2k\pi/3)} pour k=0,1,2k=0,1,2 :
- k=0k=0 : z0=2eiπ/6=2(32+i2)=3+iz_0 = 2e^{i\pi/6} = 2\left(\dfrac{\sqrt{3}}{2}+\dfrac{i}{2}\right) = \sqrt{3}+i
- k=1k=1 : z1=2ei5π/6=2(32+i2)=3+iz_1 = 2e^{i5\pi/6} = 2\left(-\dfrac{\sqrt{3}}{2}+\dfrac{i}{2}\right) = -\sqrt{3}+i
- k=2k=2 : z2=2ei3π/2=2(0i)=2iz_2 = 2e^{i3\pi/2} = 2(0-i) = -2i

Vérification pour z0=3+iz_0=\sqrt{3}+i : (3+i)2=3+23i+i2=2+23i(\sqrt{3}+i)^2 = 3+2\sqrt{3}i+i^2 = 2+2\sqrt{3}i. Puis (3+i)3=(3+i)(2+23i)=23+23i+2i+23i2=23+6i+2i23=8i(\sqrt{3}+i)^3 = (\sqrt{3}+i)(2+2\sqrt{3}i) = 2\sqrt{3}+2\cdot 3 i+2i+2\sqrt{3}i^2 = 2\sqrt{3}+6i+2i-2\sqrt{3} = 8i. ✓ \square

Exercice 12

Résoudre dans C\mathbb{C} l'équation z4(1+i)z2+i=0z^4-(1+i)z^2+i=0. Combien de solutions distinctes possède-t-elle ?

Corrigé

On pose u=z2u=z^2 : u2(1+i)u+i=0u^2-(1+i)u+i=0, de discriminant Δ=(1+i)24i=2i\Delta=(1+i)^2-4i=-2i, donnant u1=1u_1=1 et u2=iu_2=i. Chacune des deux valeurs de uu admet deux racines carrées distinctes pour zz (±1\pm 1 pour u=1u=1, ±22(1+i)\pm\frac{\sqrt2}{2}(1+i) pour u=iu=i), soit 44 solutions distinctes au total.

Exercice 13

Démontrer que la somme des nn racines nn-ièmes de l'unité est nulle pour n2n\geq 2.

Corrigé

Démonstration. Posons ω=e2iπ/n\omega = e^{2i\pi/n}. Les nn racines nn-ièmes de l'unité sont 1,ω,ω2,,ωn11,\omega,\omega^2,\dots,\omega^{n-1}. Leur somme est :

S=k=0n1ωkS = \sum_{k=0}^{n-1}\omega^k

C'est la somme des nn premiers termes d'une suite géométrique de raison ω\omega et de premier terme 11. Comme n2n\geq 2, on a ω=e2iπ/n1\omega = e^{2i\pi/n}\neq 1 (l'argument 2π/n2\pi/n n'est pas un multiple de 2π2\pi), donc la formule de la somme géométrique s'applique :
S=ωn1ω1S = \dfrac{\omega^n-1}{\omega-1}

Or ωn=(e2iπ/n)n=e2iπ=1\omega^n = \left(e^{2i\pi/n}\right)^n = e^{2i\pi} = 1, donc le numérateur est nul :
S=11ω1=0ω1=0S = \dfrac{1-1}{\omega-1} = \dfrac{0}{\omega-1} = 0
\square

Exercice 14

On considère un pentagone régulier inscrit dans le cercle unité, dont l'un des sommets est le point d'affixe 11. Quelles sont les affixes des sommets ?

Corrigé

Un polygone régulier à nn côtés inscrit dans le cercle unité avec un sommet en 11 a pour sommets les racines nn-ièmes de l'unité. Pour un pentagone (n=5n=5), ce sont les e2ikπ/5e^{2ik\pi/5}, k=0,1,2,3,4k=0,1,2,3,4.

Exercice 15

Vrai ou faux : si z0z_0 est une racine nn-ième particulière de ZCZ\in\mathbb{C}^*, alors toutes les racines nn-ièmes de ZZ s'écrivent z0ωkz_0\,\omega^k pour k=0,,n1k=0,\dots,n-1, où ω=e2iπ/n\omega=e^{2i\pi/n}.

Corrigé

Vrai. Si z0n=Zz_0^n=Z et zn=Zz^n=Z, alors (z/z0)n=1(z/z_0)^n=1, donc z/z0z/z_0 est une racine nn-ième de l'unité, c'est-à-dire z/z0=ωkz/z_0=\omega^k pour un certain k{0,,n1}k\in\{0,\dots,n-1\}. D'où z=z0ωkz=z_0\omega^k.

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