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2nde · Probabilités

Échantillonnage et simulation

Qu'est-ce qu'un échantillon ?

Un échantillon de taille nn est obtenu en répétant nn fois la même expérience aléatoire (ou en observant nn individus tirés au hasard dans une population).

Exemple : lancer une pièce 5050 fois constitue un échantillon de taille n=50n=50 de l'expérience « lancer une pièce ».

Fréquence observée et probabilité théorique

Pour un échantillon de taille nn, la fréquence observée d'un événement AA est :

f=nombre de fois ouˋ A s’est produitnf = \dfrac{\text{nombre de fois où } A \text{ s'est produit}}{n}

Remarque importante : la fréquence observée ff fluctue d'un échantillon à l'autre (on parle de fluctuation d'échantillonnage), mais lorsque nn devient grand, ff a tendance à se rapprocher de la probabilité théorique pp de l'événement.

Simuler une expérience aléatoire

Simuler une expérience consiste à reproduire son hasard, par exemple avec un générateur de nombres aléatoires (calculatrice, ordinateur), pour obtenir rapidement un grand nombre de répétitions sans avoir à réaliser l'expérience physiquement.

📌 Méthode : pour simuler nn lancers d'une pièce équilibrée, on peut tirer nn nombres aléatoires entre 00 et 11 : on décide par exemple que « pile » correspond à un nombre <0,5< 0{,}5 et « face » à un nombre 0,5\geqslant 0{,}5.

Comparer plusieurs échantillons et prendre une décision

Quand on observe plusieurs échantillons de même taille nn pour la même expérience, les fréquences observées varient légèrement les unes des autres : c'est normal, c'est la fluctuation d'échantillonnage. Mais si une fréquence observée est très éloignée de la probabilité théorique attendue, cela peut amener à douter d'une hypothèse (par exemple douter qu'une pièce soit bien équilibrée).

Règle de bon sens : plus la taille de l'échantillon nn est grande, plus on peut faire confiance à la fréquence observée comme estimation de la probabilité théorique, et plus un écart important entre les deux devient suspect.

Exemples

✅ Exemple simple — Lire un résultat de simulation

On simule 100100 lancers d'un dé à 6 faces et on obtient 1919 fois le résultat « 66 ». La fréquence observée est f=19100=0,19f = \dfrac{19}{100} = 0{,}19, à comparer à la probabilité théorique p=160,167p = \dfrac{1}{6} \approx 0{,}167 : les deux valeurs sont proches, ce qui est cohérent avec un dé équilibré.

📘 Exemple intermédiaire — Comparer deux tailles d'échantillon

On lance une pièce 2020 fois et on obtient 1414 fois « pile » (f=0,7f=0{,}7) ; un camarade lance la même pièce 500500 fois et obtient 260260 fois « pile » (f=0,52f=0{,}52). Le second échantillon, beaucoup plus grand, donne une fréquence beaucoup plus proche de p=0,5p=0{,}5 : il est plus fiable pour juger si la pièce est équilibrée.

🔴 Exemple avancé — Prendre une décision

Un fabricant affirme qu'une urne contient 50%50\% de boules rouges. On simule 200200 tirages avec remise et on observe 124124 boules rouges, soit f=124200=0,62f = \dfrac{124}{200} = 0{,}62. Cet écart avec p=0,5p=0{,}5 est important pour un échantillon de cette taille : on peut raisonnablement douter de l'affirmation du fabricant et suggérer de refaire l'expérience ou d'examiner la composition réelle de l'urne.

À retenir

- Un échantillon de taille nn est obtenu par nn répétitions indépendantes d'une même expérience aléatoire.
- La fréquence observée ff fluctue d'un échantillon à l'autre, mais se rapproche de la probabilité théorique pp quand nn augmente.
- Simuler permet d'estimer rapidement une fréquence sans réaliser l'expérience un grand nombre de fois en pratique.
- Un grand écart entre ff et pp, surtout pour un grand nn, peut amener à remettre en question une hypothèse de départ.

Exercices de la leçon

Exercice 1

On simule 8080 lancers d'une pièce et on obtient 4444 fois « pile ». Quelle est la fréquence observée de « pile » ?

Corrigé

La fréquence observée est f=4480=0,55f = \dfrac{44}{80} = 0{,}55.

Exercice 2

La fréquence observée dans un échantillon est toujours exactement égale à la probabilité théorique.

Corrigé

C'est faux : la fréquence observée fluctue d'un échantillon à l'autre (fluctuation d'échantillonnage). Elle se rapproche seulement de la probabilité théorique lorsque la taille de l'échantillon augmente, sans forcément lui être exactement égale.

Exercice 3

Pour estimer une probabilité avec le plus de fiabilité possible à partir d'une simulation, il vaut mieux :

Corrigé

Plus l'échantillon est grand, plus la fréquence observée a tendance à se rapprocher de la probabilité théorique : augmenter nn améliore la fiabilité de l'estimation.

Exercice 4

Une urne contient des boules dont on pense qu'il y a autant de rouges que de vertes (p=0,5p=0{,}5 pour chaque couleur). On simule 300300 tirages avec remise et on observe 158158 boules rouges. Que peut-on en conclure ?

Corrigé

f=1583000,527f = \dfrac{158}{300} \approx 0{,}527, ce qui est proche de p=0,5p=0{,}5 ; un tel écart est tout à fait compatible avec la fluctuation d'échantillonnage normale pour n=300n=300, donc l'hypothèse d'équiprobabilité n'est pas remise en cause.

Exercice 5

Un sac contient des jetons rouges et bleus en proportions inconnues. On simule deux échantillons indépendants de tirages avec remise : le premier, de taille 3030, donne 1212 jetons rouges ; le second, de taille 300300, donne 135135 jetons rouges. Calcule la fréquence observée de jetons rouges dans chaque échantillon, puis explique lequel des deux donne l'estimation la plus fiable de la proportion réelle de jetons rouges dans le sac.

Corrigé

Ce problème met en évidence le principe fondamental de l'échantillonnage : à taille plus grande, fluctuation plus faible, donc estimation plus fiable de la proportion réelle (probabilité théorique) à partir de la fréquence observée.

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