Une fonction F est une primitive de f sur un intervalle I si F est dérivable sur I et F′(x)=f(x) pour tout x∈I.
Unicité à une constante près : Si F et G sont deux primitives de f sur I, alors F−G est constante sur I. Ainsi, l'ensemble des primitives de f s'écrit F(x)+C, C∈R.
Linéarité de la primitivation : si F est une primitive de f et G une primitive de g, alors pour tous réels α,β, αF+βG est une primitive de αf+βg :
∫(αf(x)+βg(x))dx=α∫f(x)dx+β∫g(x)dx
### 2. Intégrale de Riemann sur un segment
Sommes de Riemann (idée intuitive) : soit f continue sur [a,b]. On découpe [a,b] en n sous-intervalles de largeur nb−a et on approche l'aire sous la courbe par une somme de rectangles :
Sn=nb−ak=0∑n−1f(a+knb−a)
Lorsque f est continue sur [a,b], on démontre que Sn converge quand n→+∞ vers un nombre réel, indépendant du choix des points dans chaque sous-intervalle. Cette limite est appelée intégrale de f sur [a,b], notée :
∫abf(x)dx=n→+∞limSn
Géométriquement, si f≥0 sur [a,b], ∫abf(x)dx représente l'aire du domaine compris entre la courbe de f, l'axe des abscisses, et les droites x=a, x=b.
Convention :∫baf(x)dx=−∫abf(x)dx et ∫aaf(x)dx=0.
### 3. Théorème fondamental de l'analyse
Théorème : Soit f continue sur [a,b] et F une primitive quelconque de f sur [a,b]. Alors :
∫abf(x)dx=F(b)−F(a)=[F(x)]ab
Ce théorème relie le calcul d'aires (intégrale) au calcul de primitives, et permet de calculer explicitement une intégrale dès qu'on connaît une primitive.
Il admet aussi une formulation locale : la fonction x↦∫axf(t)dt est une primitive de f sur [a,b] (c'est la primitive qui s'annule en a).
Exemple résolu : Calculer ∫02(3x2−2x+1)dx.
Solution : Une primitive de 3x2−2x+1 est F(x)=x3−x2+x. Donc :
∫02(3x2−2x+1)dx=[x3−x2+x]02=(8−4+2)−0=6
### 4. Propriétés de l'intégrale
Soient f,g continues sur un intervalle contenant a,b,c.
Linéarité :
∫ab(αf(x)+βg(x))dx=α∫abf(x)dx+β∫abg(x)dx
Positivité : si f≥0 sur [a,b] (avec a≤b), alors ∫abf(x)dx≥0.
Croissance (monotonie) : si f≤g sur [a,b] (avec a≤b), alors :
∫abf(x)dx≤∫abg(x)dx
Relation de Chasles : pour tout c (même hors de [a,b], si f y est définie) :
∫abf(x)dx=∫acf(x)dx+∫cbf(x)dx
Inégalité triangulaire : si a≤b,
∫abf(x)dx≤∫ab∣f(x)∣dx
Cette inégalité découle de −∣f(x)∣≤f(x)≤∣f(x)∣ et de la croissance de l'intégrale.
### 5. Intégration par parties (IPP)
Théorème : Soient u,v deux fonctions de classe C1 sur [a,b]. Alors :
∫abu(x)v′(x)dx=[u(x)v(x)]ab−∫abu′(x)v(x)dx
(et de façon analogue pour les primitives, sans les bornes : ∫uv′=uv−∫u′v).
Cette formule découle directement de la formule de dérivation d'un produit : (uv)′=u′v+uv′.
Exemple 1 : Calculer ∫01xexdx.
Solution : On pose u(x)=x (donc u′(x)=1) et v′(x)=ex (donc v(x)=ex) :