Une famille de vecteurs (e1,…,en) est orthogonale si les vecteurs sont deux à deux orthogonaux : ei⋅ej=0 pour i=j. Elle est orthonormée si, en plus, chaque vecteur est unitaire : ∥ei∥=1 pour tout i, c'est-à-dire ei⋅ej=δij (symbole de Kronecker).
Une famille orthogonale de vecteurs non nuls est automatiquement libre (exercice de la leçon précédente), donc une famille orthonormée de n vecteurs dans un espace de dimension n en est une base orthonormée.
Coordonnées dans une base orthonormée : si (e1,…,en) est une base orthonormée, tout vecteur x s'écrit x=∑i=1nxiei avec xi=x⋅ei (chaque coordonnée se calcule simplement par un produit scalaire, contrairement à une base quelconque qui nécessite de résoudre un système).
### 2. Procédé de Gram-Schmidt (cas simple, 2 puis 3 vecteurs)
Le procédé de Gram-Schmidt transforme une base quelconque (u1,u2) en une base orthonormée (e1,e2) du même espace :
1. v1=u1, puis e1=∥v1∥v1 (normalisation) ; 2. v2=u2−(u2⋅e1)e1 (on retire à u2 sa composante selon e1, ce qui le rend orthogonal à e1), puis e2=∥v2∥v2.
Pour 3 vecteurs (u1,u2,u3), on poursuit : v3=u3−(u3⋅e1)e1−(u3⋅e2)e2, puis e3=v3/∥v3∥.
Exemple résolu : orthonormaliser u1=(1,1,0), u2=(1,0,1).
e1=2(1,1,0)=(21,21,0).
u2⋅e1=21. Donc v2=(1,0,1)−21(21,21,0)=(21,−21,1).
∥v2∥=41+41+1=23, donc e2=3/21(21,−21,1).
### 3. Projection orthogonale sur une droite
La projection orthogonale d'un vecteur x sur la droite vectorielle dirigée par u (non nul) est :
proju(x)=∥u∥2x⋅uu
C'est l'unique vecteur colinéaire à u tel que x−proju(x) soit orthogonal à u.
Exemple : projeter x=(3,4) sur la droite dirigée par u=(1,0) : proju(x)=13×1+4×0(1,0)=(3,0).
### 4. Projection orthogonale sur un plan
Pour projeter x orthogonalement sur un plan P engendré par une base orthonormée (e1,e2) de P :
projP(x)=(x⋅e1)e1+(x⋅e2)e2
Méthode alternative (via le vecteur normal) : si n est un vecteur normal au plan, projP(x)=x−projn(x) (on retire la composante normale).
Exemple résolu : projeter x=(1,2,3) sur le plan P d'équation z=0 (le plan xOy, de normal n=(0,0,1)).
projn(x)=11×0+2×0+3×1(0,0,1)=(0,0,3). Donc projP(x)=(1,2,3)−(0,0,3)=(1,2,0) — résultat cohérent avec l'intuition (on annule juste la coordonnée z).
### 5. Propriétés des projections orthogonales
- La projection orthogonale est linéaire ; - proju(proju(x))=proju(x) (projeter deux fois ne change rien : c'est un projecteur, idempotent) ; - x−projP(x) est orthogonal à tout vecteur de P ; - ∥projP(x)∥≤∥x∥, avec égalité si et seulement si x∈P (la projection orthogonale est la meilleure approximation de x dans P au sens de la distance euclidienne).
### 6. Résumé méthodologique
| Tâche | Formule | |---|---| | Coordonnée dans une BON | xi=x⋅ei | | Gram-Schmidt (étape k) | retirer les composantes selon e1,…,ek−1, puis normaliser | | Projection sur une droite u | ∥u∥2x⋅uu | | Projection sur un plan (via normal n) | x−projn(x) |
Exercices
Qu'est-ce qu'une base orthonormée ?
Dans une base orthonormée (e1,e2,e3), comment calcule-t-on la i-ième coordonnée d'un vecteur x ?
Calculer la projection orthogonale de x=(3,4) sur la droite dirigée par u=(1,0).
Vrai ou faux : projeter deux fois orthogonalement sur la même droite donne le même résultat qu'une seule projection.
Que vaut ∥ei∥ pour un vecteur ei d'une base orthonormée ?
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