Seconde forme fondamentale et courbure de Gauss
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Durée : 60 min
Seconde forme fondamentale et courbure de Gauss
1. Vecteur normal unitaire
Pour une surface paramétrée régulière , le vecteur normal unitaire est . Il est orthogonal au plan tangent en chaque point et donne une orientation à la surface (le choix du signe dépend du paramétrage).
2. Seconde forme fondamentale
La seconde forme fondamentale mesure la façon dont la surface s'écarte de son plan tangent (sa courbure « extrinsèque »). On définit :
et pour : . (Attention : ce n'est pas le vecteur normal , mais un coefficient scalaire — la notation classique, bien qu'ambiguë, est universelle.)
3. Courbures principales et courbure de Gauss
En chaque point, on définit la courbure de Gauss :
et la courbure moyenne . Les courbures principales (valeurs propres de l'application de Weingarten) vérifient et : et sont respectivement le produit et la moyenne des courbures extrémales des sections normales de la surface.
Classification des points : : point elliptique (la surface se courbe du même côté dans toutes les directions, comme sur une sphère) ; : point hyperbolique (selle de cheval, comme sur un paraboloïde hyperbolique) ; : point parabolique (comme sur un cylindre).
4. Exemple résolu — la sphère
Pour , on a déjà . Le vecteur normal est (pointant vers le centre, à un signe de convention près). Un calcul direct des dérivées secondes donne , , . D'où :
La courbure de Gauss de la sphère est constante, égale à : plus la sphère est grande, moins elle est courbée.
5. Exemple résolu — le cylindre
Pour le cylindre , on calcule , , (la direction , le long de l'axe, ne courbe pas du tout). D'où :
Le cylindre a une courbure de Gauss nulle partout, comme le plan — cohérent avec le fait (vu à la leçon précédente) que le cylindre est isométrique au plan.
6. Theorema egregium de Gauss
Théorème (Gauss, 1827) : la courbure de Gauss ne dépend que de la première forme fondamentale et de ses dérivées — pas de la seconde forme fondamentale, et donc pas de la façon dont la surface est plongée dans . C'est une quantité intrinsèque.
Conséquence majeure : deux surfaces isométriques (même première forme fondamentale) ont nécessairement la même courbure de Gauss en points correspondants. C'est pourquoi le plan () et la sphère () ne sont jamais isométriques : on ne peut pas représenter une carte de la Terre sur une feuille plane sans déformer distances ou aires — c'est un théorème, pas une limitation technique des cartographes.
7. Récapitulatif
| Notion | Formule |
| Vecteur normal | |
| Seconde forme | |
| Courbure de Gauss | |
| Courbure moyenne | |
| Theorema egregium | ne dépend que de (quantité intrinsèque) |
Exercices
Comment définit-on le coefficient de la seconde forme fondamentale ?
Vrai ou faux : un point de courbure de Gauss est dit point elliptique.
Quelle est la courbure de Gauss de la sphère de rayon ?
Vrai ou faux : le cylindre a une courbure de Gauss nulle partout.
Que dit le theorema egregium de Gauss ?
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